Comment rendre la machine antidopage plus efficace?

Plus de 600 personnes se réuniront à partir de lundi à Lausanne, en Suisse, pour discuter des défis de la lutte contre le dopage et de l’avenir du « sport propre ». Le symposium est organisé par l’Agence mondiale antidopage.

Durant trois jours, plusieurs grandes questions seront posées aux quelque 600 invités. Qui doit gérer l’antidopage mondial? Comment mieux protéger les lanceurs d’alerte? Quelles leçons tirer des enquêtes menées par l’AMA?

Sur toutes ces questions, il n’y a sûrement pas d’unanimité, et les débats risquent d’être houleux. Alors, comment en est-on arrivé là?

Sortir le renard du poulailler

L’Agence mondiale, créée en 1999, est en partie financée par les États. La plupart de ses membres sont des personnes issues du monde du sport, et c’est peut-être là que le bât blesse.Les problèmes du sport peuvent-ils être réglés par les responsables du sport? C’est toute la question qui se pose à Lausanne durant trois jours.Force est de constater que la machine antidopage ne fonctionne pas et que, même si des avancées ont eu lieu dans la lutte mondiale, on ne peut pas dire que le bulletin rendu par l’AMA soit rempli de bonnes notes.En plus, ses dirigeants se sont engagés dans une guerre larvée avec le Comité international olympique.

Le scandale de Rio

En choisissant délibérément de rendre public le rapport McLaren, un compte rendu accablant sur le dopage institutionnalisé en Russie, à quelques jours des cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques de Rio, l’AMA a mis le CIO dans une situation embarrassante en lui laissant la responsabilité d’exclure ou non la délégation russe.Les responsables de la maison olympique, avec son président, Thomas Bach, avaient alors fustigé l’AMA et demandé une révision totale du système antidopage.

En ne voulant pas se mettre à dos son « ami » Vladimir Poutine, Thomas Bach a voulu ménager la chèvre et le chou, en laissant aux fédérations sportives la décision finale d’exclure ou non les Russes.Dans un geste sans précédent, la Fédération internationale d’athlétisme a décidé d’exclure la totalité des athlètes russes pour les jeux de Rio.

L’indépendance de l’antidopage mondial

Exaspéré de voir ses Jeux olympiques ternis par un nouveau scandale, le président Bach est même allé plus loin, en réclamant que l’antidopage mondial soit confié à une commission indépendante et que les sanctions prises à l’encontre d’un athlète relèvent de la responsabilité unique du Tribunal arbitral du sport (TAS).

À la suite de la divulgation du rapport McLaren, certains ont appelé à l’exclusion totale de l’équipe olympique russe, ce qui a déclenché les foudres du patron de la maison olympique.Il ne faut pas oublier qu’il y a une longue amitié entre Thomas Bach et Vladimir Poutine, et que la Russie est aussi un des principaux bailleurs de fonds du mouvement olympique.On avait comparé à l’époque cette demande d’exclusion à « une option nucléaire » et affirmé que des athlètes innocents seraient alors considérés comme « des victimes collatérales ».Il n’en fallait pas plus pour que le président Bach sorte de sa réserve habituelle en déclarant : « Les conséquences d’une option nucléaire sont la mort et la destruction; ce n’est pas la mission du mouvement olympique. »Le ton est donc donné aux centaines de participants du symposium de l’AMA. Finalement, la vraie question qui se doit d’être posée pour l’avenir d’un sport propre, c’est : à qui confier le poulailler, et surtout comment en sortir le renard?

Source

Ajouter un commentaire