Dopage : les salles de fitness placées sous surveillance dans l’Oise

La course à la performance ne concerne pas que le monde du sport professionnel. Et l’usage de produits dopants ne fait pas exception. En témoigne la création récente d’une commission régionale spécialisée à l’échelle des Hauts-de-France. Son objectif : « permettre un repérage ciblé des trafiquants et consommateurs », indique la préfecture de région, pilote. Les sportifs amateurs de l’Oise font donc désormais l’objet d’une surveillance particulière des forces de l’ordre, avec l’appui de l’Agence régionale de santé (ARS), notamment.

Au-delà des clubs et des compétitions, c’est aussi vers les salles de fitness que l’attention est portée. Des salles de plus en plus nombreuses dans l’Oise. « Nous interceptons surtout des anabolisants (NDLR : pour gagner en masse musculaire) dans les colis postaux, observe la douane de Picardie. La plupart du temps, les quantités sont limitées à une utilisation personnelle, à des fins de culturisme. Nous mettons en garde les personnes impliquées, car ces substances mettent des vies en danger. » Cancers, stérilité et maladies cardiovasculaires sont autant de risques liés à la prise de produits dopants (les compléments alimentaires, légaux, ne sont pas concernés).

« On m’en a proposé plusieurs fois »

« Je fais de la musculation depuis vingt-huit ans et près de dix salles différentes, j’en ai vu passer des produits dopants… » Inscrit dans deux salles à Pont-Sainte-Maxence et à Nogent-sur-Oise, Fred, 48 ans, voit d’un mauvais œil ceux qui mettent leur vie en danger pour sculpter leur corps. « On m’en a proposé plusieurs fois, je n’ai jamais cédé, assure cet habitant de Sénécourt, qui travaille en milieu hospitalier. Ceux qui se dopent ne savent même pas ce qu’ils prennent et les conséquences pour l’organisme. Ils te repèrent dans la salle parce que tu viens régulièrement et te testent, pour savoir s’ils peuvent te faire confiance. C’est une maladie, une addiction. Certains peuvent y consacrer plus de 500 € par mois. » A côté de lui, Léo et Mathieu, âgés de 22 et 18 ans, n’ont « jamais été tentés ». Pourtant, Hakim, se souvient de deux de ses amis, « qui ont arrêté de venir à cause de ça. Ce sont des potes, donc ça me fait mal au cœur car ils risquent leurs vies. »

L’an passé, 1 370 produits anabolisants ont été saisis par les douaniers dans l’Oise, la Somme et l’Aisne, dans le cadre de contrôles postaux. Les produits dopants, c’est un fléau pris en grippe par le Boxing club olympique de Pont-Sainte-Maxence, qui dispose d’une salle de musculation. « Il y a un usager que l’on a dû exclure pour sa propre santé, souligne Giovanni Boggia, entraîneur a club. Il a pris 10 kg en six mois, avait du sang dans son urine et des troubles de l’érection. On voulait l’aider, mais bon… Aujourd’hui, il pousse de la fonte dans une autre salle. » Le coach pointe aussi du doigt la facilité avec laquelle on peut se procurer des produits dopants. « J’avais une amie, décédée d’un cancer, qui avait des boîtes d’EPO pour son traitement, se souvient-il. Son époux a tout rendu à la pharmacie mais une personne mal intentionnée aurait très bien pu les récupérer et les écouler très facilement. »

 

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