Dopage chez les amateurs : un corps d’athlète mais à quel prix ?

 

Depuis trois ans, le salon du fitness, à Paris, a vu sa fréquentation doubler ; ici, on se bouscule même pour faire des selfies avec des stars américaines du culturisme. Partout en France, les salles de musculation prolifèrent. Les sportifs amateurs n’y vont pas seulement pour entretenir leur forme, ils veulent s’offrir un corps d’athlète, et pour se bâtir un physique de gladiateur ou triompher dans les compétitions, ils ont parfois recours au dopage.

« Un pacte avec le diable »

Deux fois par semaine, Mathieu, un haltérophile amateur, s’injecte des stéroïdes. Leur détention est interdite, mais ils sont très prisés par les culturistes. Grâce à ces produits, Mathieu est passé de 60 à 90 kilos, et il poursuit son objectif : gagner des compétitions.

De 5% à 15% des sportifs amateurs seraient dopés et certains finissent au tribunal. En 2011, un scandale éclate dans le milieu du cyclisme, une discipline où le dopage a souvent défrayé la chronique, mais cette fois, c’est le peloton amateur qui est concerné. Romain était l’un des coureurs. Il a été pris dans l’engrenage du dopage et s’est fait rattraper par la justice : « La police est venue chez moi à 6 heures du matin, ils ont fait une perquisition et on a été mis en garde à vue 48 heures. » Il sera jugé au mois de juillet prochain.

Le dopage peut provoquer de graves problèmes de santé. C’est le cas de Vincent, qui s’est injecté des stéroïdes anabolisants pendant sept ans.

Une pratique illégale et dangereuse

« Pièces à conviction » a découvert la facilité étonnante avec laquelle on peut acheter des produits anabolisants en pharmacie, en toute illégalité. Comment cela est-il possible ? Le professeur François Chast, conseiller scientifique de l’Ordre des pharmaciens, notamment chargé de la lutte contre le dopage, balaye les questions d’un revers de la main : « On est dans une situation qui est probablement répréhensible […]. La manière dont vous posez les questions ne m’intéresse pas. »

Le dopage représente un marché colossal, estimé à 30 milliards de dollars. C’est d’abord sur internet que les substances dopantes prolifèrent. En deux clics, on peut acheter des anabolisants. « Pièces à conviction » a remonté les filières jusqu’en Moldavie, un pays d’où partent quotidiennement des produits dopants pour toute l’Europe , dont la France. Le dopage chez les amateurs est un phénomène encore tabou mais inquiétant, et il ne cesse de prendre de l’ampleur…

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Commentaires
  1. Norman  juin 20, 2017

    Très bon reportage… Mais le débat à la fin est lamentable !

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